11 juillet 2007

Conférences à l’Université : un supplément de savoir au quotidien

amphi1Chaque semaine, l'Université Nice Sophia-Antipolis (UNSA) est en ébullition : professionnels, chercheurs, universitaires transmettent leur savoir à travers des conférences pluridisciplinaires, théoriques ou professionnelles. Disparates, souvent réservées à un public d’initiés, portant parfois des titres déroutants, ces conférences constituent des lieux d’échange et de construction du savoir. Trois d’entre elles, qui se sont tenues la même semaine ont été sélectionnées. Contre toute attente, les travaux universitaires ne sont pas retirés dans leur tour d'ivoire mais pensent les problèmes contemporains dans toute leur complexité. Ambiance.

Mercredi 11 avril, 17 heures. Campus Carlone.

A l'heure où l'UFR de lettres se dépeuple, Pascal Arnaud, Professeur des Universités et membre de l'Institut Universitaire de France s'installe dans la salle du conseil. Entre deux problèmes de compatibilité informatique, il  règle les derniers préparatifs de sa conférence : "Le vocabulaire romain de l'affectivité et les conditions de son émergence dans les sphères du public et du privé entre les Ier et IIIème siècle après J.C." C'est dans le département philosophie que ce  professeur émérite d'histoire de l'Antiquité, une fois n'est pas coutume, est venu exposer sa spécialité. Objectif : éclairer la question de l'affectivité de sa lanterne historique. Pendant deux heures, il retrace l'itinéraire de cette terminologie de l'affectif. « A priori, Rome est davantage dans la sphère de la retenue et exclut la passion. La furor, l'excès sont antinomiques avec la qualité de citoyen ».  S’en suivent une multitude de concepts et d’adjectifs (carisimus, optimus, rarisimus , etc.).

Auditoire pluridisciplinaire

C'est une priorité pour l'école doctorale : faire se rencontrer les disciplines universitaires. « Je suis en train de préparer la soutenance de ma thèse : "La femme dans le Digeste" [compilation de droit entre le Ier et le Vème siècle]. Habituellement, j'assiste à des conférences à la faculté de droit. Ici, c'est surtout la période qui m'intéresse », avoue Laetitia Himmesoete. Cette thésarde, chargée de TD à l'université de droit, semblait un peu perdue parmi tous les doctorants en philosophie et les universitaires présents. Ce qui ne l'a pas empêché d'intervenir pendant la conférence : « Je suis venue à la fois pour enrichir ma thèse, mais aussi pour élargir ma culture générale. »

Encore plus, Johanna, étudiante téméraire en deuxième année de licence « Sciences du langage », sort la tête « lessivée » : « Ces conférences sont sur le fond enrichissantes, mais tellement complexes ! Si on perd le fil, on le perd pour un bon bout de temps ! », confie-t-elle. Autour d’elle, sur le campus, peu de ses amis ont entendu parler de la conférence : « A par les principaux intéressés, personne n’est au courant qu’il y  a autant de conférences chaque semaine. Si exigeantes soient-elles, comment voulez-vous que les jeunes en prennent connaissance si aucune publicité n’est faite, si elles ne sont pas mises en valeur ? »

LogoUnsa300x120Jeudi 12 avril, 14 heures. Campus Saint-Jean d'Angély.

Intégré à l'UFR de psychologie, le laboratoire SOLIIS -URMIS reçoit aujourd'hui Gwénaële Calvès, juriste professeur de droit public à l'université de Cergy-Pontoise (Val d'Oise). Elle est invitée à s'exprimer sur la discrimination positive. Ici, les doctorants, les étudiants en master de sociologie ont investi la salle de conférence. Néanmoins, seuls les aînés anthropologues et sociologues ont le monopole du questionnement. Le but n'est pas de vulgariser, mais « de rester entre nous et de faire avancer la recherche », confirment deux étudiants. De son côté, l'intervenante apprécie le concept : « J'apprends beaucoup de ce type de conférence. Il y a des remarques très pertinentes. On peut ainsi expliciter sa pensée sans être obligé de la simplifier, ce qui serait impossible avec des étudiants de première année. »

Vendredi 12 avril, 14 heures. IUT Nice Côte d'Azur.

La veille, le quotidien Nice-matin annonce l'évènement dans ses colonnes. Vendredi après -midi, les étudiants des trois promotions de l'IUT information-communication option journalisme s'impatientent devant les portes de leur théâtre : Christian Chesnot a du retard. L'ex-otage en Irak en 2004 vient parler de son expérience du Moyen-Orient, région où il a exercé pendant quinze ans. « Régionalement, ça bouillonne. L'actualité y est tellement porteuse ». Ce journaliste de France Inter incite les apprentis journalistes à partir à l'étranger, en choisissant intelligemment sa destination : « Il faut aller sur des terres vierges pour faire son trou.

logo_iutDans le théâtre du Collège international, qui abrite le département journalisme de Nice Côte d'Azur, les conférences sont professionnelles. Ces rencontres avec des journalistes de tous les médias font partie intégrante de ce cursus, universitaire et professionnalisant. François, étudiant de deuxième année, vante les mérites de cette initiative : « Nous sommes amenés à devenir bientôt des journalistes professionnels. En plus d’un enseignement théorique primordial, c’est important pour nous d’avoir des semaines pratiques et de rencontrer de vrais professionnels qui ont un savoir, une expérience à nous faire partager. »

Chaque semaine, une vingtaine de conférences sont répertoriés sur les campus de l’Université de Nice Sophia-Antipolis. Trop sélectives, peu annoncées, une majorité d’entre elles passe inaperçue parmi les étudiants. Un déficit de communication préjudiciable pour les deux parties, université et étudiants.

Posté par baptistebarbe à 12:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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