le fondu de l'actu

France, monde, sports, médias, culture : un regard sur l'actu par un étudiant en journalisme

30 novembre 2007

Le salariat étudiant à double tranchant

full_salariatEn 2007, trois-quarts des étudiants de l'hexagone sont salariés afin de subvenir à leurs besoins. Au détriment parfois de la réussite de leurs études.

1 700 000, soit huit étudiants sur dix, contraints de travailler. Tel est le constat affiché par l'Observatoire de la vie étudiante (OVE), dans une récente publication (« La vie étudiante : repères », 2007). Plus grave : la moitié d'entre eux exerce un emploi tout au long de l'année, chiffre en augmentation constante (100 000 étudiants salariés de plus depuis 1996).
Marie, 22 ans, étudiante au CLSH, allie 17h30 de travail professionnel et 30 heures de cours : « Le pire, c'est la fatigue intellectuelle. Quand tu es en cours, tu n'as qu'une envie, c'est rentrer chez toi pour te coller devant un programme abrutissant ». Difficulté de conjuguer travail et études, accumulation de fatigue, présence plus restreinte sur le campus... Seuls 40% des étudiants salariés obtiennent leur diplôme en fin de cursus, contre 60 % sur la moyenne étudiante globale.

77,3 % inéligibles au Crous

Quelles sont les raisons qui poussent un étudiant à se salarier ? D'abord l'actuel système de bourse, qui dispense beaucoup d'étudiants d'aides extérieures (77,3 % inéligibles aux aides du Crous). Ensuite, la baisse flagrante du pouvoir d'achat, qui incite à se salarier en plus des aides du Crous.
Si beaucoup d'étudiants se salarient, peu d'entre eux connaissent les aménagements liés à leur statut. Exemple : en licence, en cas d'incapacité à suivre un TD, il est possible de remplacer le contrôle continu par un contrôle terminal, ou d'être prioritairement inscrit aux horaires de TD adaptés à votre emploi du temps professionnel. Des aménagements spécifiques peu connus de la collectivité étudiante, et donc rarement appliqués. Finalement, l'étudiant salarié se retrouve soumis au même régime que l'étudiant lambda.

Défiscalisation en cours

Tout le monde ne désapprouve pas le salariat étudiant pour autant. Pour l'UNI, syndicat de la droite universitaire, il ne peut être que bénéfique. En travaillant plus tôt, l'étudiant aborde un axe professionnalisant dans sa formation personnelle, lui assure une meilleure transition de l'université à la vie active.
Récemment, la question du salariat étudiant a été abordée par le nouveau gouvernement et son ministre du Travail Xavier Bertrand. Fidèle aux propositions de campagne de Nicolas Sarkozy, il promet la défiscalisation du salariat étudiant. Concrètement, les jeunes concernés conserveraient leur échelon de bourse et leurs aides sociales. Si cette mesure épaule l'étudiant dans son statut d'employé, elle ne contribue en rien à le décharger de ce poids.


La condition étudiante en quelques chiffres
24 % des étudiants sont salariés tout au long de l’année
29 % travaillent l’été comme saisonniers
13 % travaillent à temps partiel au moins six mois dans l’année
25 % des étudiants n’exercent aucune activité
570 € : salaire maximal perçu par la moitié des étudiants salariés.

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10 novembre 2007

Liberté d'expression sous pressions

full_liberte_presseÉtudes et organismes sensibilisent les Français sur cet acquis démocratique chahuté actuellement.

Cette année encore, le classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières est sans appel. Aucune grande puissance économique ne figure dans le top 20. La France, 31ème, est devancée entre autres par l'Estonie, Trinité-et-Tobago ou le Ghana. Un paradoxe pour le pays à l'origine des droits de l'Homme, et plus particulièrement de la liberté de la presse. Certes, aucun journaliste n'est incarcéré dans l'hexagone. « Cependant, de nombreuses inquiétudes demeurent en raison de cas de censure persistants, de perquisitions dans des rédactions et d’un manque de garanties concernant la protection du secret des sources », prévient l'ONG.

Journaliste mis en examen

L'exemple du traitement infligé à Denis Robert en est la preuve la plus récente. L'ancien journaliste de Libération a été mis en examen pour « recel de vol et abus de confiance », suite à ses investigations sur l'organisme financier international Clearstream. Inculpé en France et au Luxembourg, il croule sous de lourdes procédures judiciaires: une trentaine ont été engagées après ses publications. Samedi 10 novembre, le « comité de soutien à Denis Robert » organise une soirée à Florange (Moselle). Objectif : récolter des fonds et réunir la communauté journalistique. Plus de quatre cents professionnels et personnalités, dont Guy Bedos, ont répondu à l'appel. 

Hégémonie (ou suprématie) médiatique

Autre événement : l'appel lancé par le Rassemblement pour la Démocratie à la Télévision (RDT) pour « une journée nationale sans Sarkozy dans les médias », le 30 novembre. L'ambition de l'association ? « Pas une image, pas un son, pas une ligne sur les faits et gestes de Nicolas Sarkozy ne doivent sortir ce jour-là des rédactions ! Ni éloge, ni critique, ni commentaires ! » Aucune rédaction n'a pour le moment déclaré ouvertement son soutien. Le mois dernier, l'Institut national de l'audiovisuel publiait son baromètre des journaux télévisés. Le président de la République y est apparu 224 fois entre mai et août, contre 75  pour Jacques Chirac en 2002. RDTdéplore cette surexposition du chef de l'État. Il met en garde contre « la dictature médiatique » et plus largement, contre la restriction de la liberté d'expression.

Quelle valeur doit-être donné à cette accumulation d'initiatives ? Hasard du calendrier ou frémissements d'une prise de conscience ? Aujourd'hui, des personnes tirent la sonnette d'alarme.  Comme pour rappeler, arguments à l'appui, que la liberté d'expression et le droit à une information indépendante sont un combat perpétuel. Le dernier en date : un sondage LH2-Libération. Selon le quotidien national : 62 % du panel de Français interrogés estiment que les médias sont soumis au pouvoir politique.

Posté par baptistebarbe à 17:03 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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