le fondu de l'actu

France, monde, sports, médias, culture : un regard sur l'actu par un étudiant en journalisme

17 mai 2007

Reporters de fiction

18761718_w434_h289_q80Depuis mardi dernier, Canal + diffuse chaque semaine deux épisodes de sa nouvelle série : Reporters. Créée par Alban Guitteny et Olivier Kohn, cette série nous fait pénétrer dans le monde du journalisme. Une réussite.

Reporters, c'est une représentation réaliste du l'univers des médias actuellement. Une chaîne publique (TV2F) en quête d'audience pour concurencer sa voisine du privée (...), un quotidien national (24 heures dans le monde) contraint de se faire faire racheter par une multinationale, des journalistes et des politiques accolytes, des reporters pris en otage, un monde de la télévision cruel, etc. Canal + n'oublie rien et tant mieux. D'ailleurs, ce n'est pas la première fois que la chaîne privée ne se prive pas d'oser, d'innover. On peut même se poser la question de savoir si Reporters pourrait passer sur le réseau hertzien.

Des acteurs efficaces

La réussite de la série tient également au jeu des acteurs, justes. Jérôme Robart interprète un journaliste d'investigation à TV2F, Thomas Schneider, solitaire, franchissant parfois la frontière déontologique, mais capable de prendre des risques loin de la France pour "sortir une enquête choc". Florence Daumal, jouée par Anne Coesens, est la journaliste politique de 24 heures. Spécialiste du off et des mécanismes de la politique français, son personnage illustre bien les difficultés de actuelles de relation entre journalistes et hommes politiques.

Aucun personnage n'est oublié : il y a Elsa Cayatte (Aïssatou Diop) la stagaire qui grimpe, Catherine Alfonsi (Christine Boisson) la directrice intrasigeante de l'information de TV2F, Michel Cayatte (l'excellent Patrick Bouchitey) le fait diversier qui cotoie quotidiennement la détresse humaine, ou encore Albert Lehman (Dider Bezace) le directeur de la rédaction du quotidien tiraillée entre les exigeances éditoriales de son actionnaire et sa passion pour le métier et son équipe.

Criant d'intelligence, Reporters donne une bouffée d'oxygène à la série française. Elle offre aux spectateurs une vision réaliste du journalisme, permet de comprendre ses mécanismes. Merci Canal +.

Posté par baptistebarbe à 00:27 - Médias - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


01 mai 2007

Qui assiste qui ?

Sans_titreA quatre jours du second tour des présidentielles, la chaîne de télévision TF1 diffuse en deuxième partie de soirée un nouveau volet du Droit de savoir. Normal pour un mardi. Problème, le thème du magazine d'information porte sur cette "fameuse" France assitée. Coïncidence ou complaisance ?

" Faux chômeurs, RMIstes fraudeurs et malades imaginaires : enquête sur la France qui triche." Alors que le sprint final a démarré entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, TF1 a décidé de s'inviter dans la danse. Pour le grand débat de mercredi ? Oui aussi. Mais la chaîne privée a pris les devants et propose ce soir un document "brûlant". Certes, elle se défend des critiques de parti pris. Pourtant, difficile de ne pas voir que le thème de ce soir arrive gros comme une maison !!! Un plat servi tout chaud pour le candidat de l'UMP, qui durant toute sa campagne, n'a fait que parler de cette "France qui se lève tôt" et diaboliser ces Français qui "sont payés par l'Etat pour qu'ils travaillent moins".

Sur les traces du Point

Dans son dernier grand meeting à Charléty, qui a réuni des dizaines de milliers de personnes, Ségolène Royal a donné sa propre conception de la valeur travail. Elle a dénonce ses partrons-voyous qui négocient leurs indemnités de départ avant même d'être entré en fonction, quelque soit leurs performances (souvent médiocres si ce n'est catastrophiques !).
D'ailleurs TF1 n'est pas le seul média à faire les yeux doux à Nicolas Sarkozy. Il y a trois semaines, l'hebdomadaire Le Point titrait en Une : "La France assistée"

Les assistés oubliés

Mais dans les deux cas, TF1 comme Le Point, l'on parle seulement des mêmes assistés : ceux "si nombreux", selon Sarkozy, RMistes, demandeurs d'emplois qui vivent grâce aux aides publiques. Ces "assistés" qui ne refusent tous les emplois qu'on leur propose. Mais pourquoi le candidat UMP n'aborde pas les problèmes de tous ces employés, ces ouvriers qui perdent du jour au lendemain leur travail, alors qu'ils n'ont rien demandé, alors que leur entreprise est bénéficiaire, alors que les actionnaires se remplissent les poches goulûment ?
Pis, pourquoi TF1 et Le Point, dans leur reportages respectif, ne parlent-ils pas de ces fils-à-papa, qui gagnent de l'argent à rien faire parce que c'est le père qui gère l'entreprise, qui n'attendent que de pouvoir prendre la relève avant de se planter de façon ridicule car incompétents.

Si l'on veut parler de la "France assistée", si encore elle existe, il faut alors traiter de tous les sjets qui s'y joindrait. Sinon, ce n'est pas du journalisme, c'est de la communication. Mais c'est vrai, les grands médias sont 100 % indépendants. La preuve, ils le clament haut et fort !

Posté par baptistebarbe à 23:56 - Médias - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 février 2007

La Voix du Nord en quête d'innovation

voix_du_nord_logoJeudi dernier, les étudiants en journalisme de Cannes ont bouclé leur marathon. Pour leur troisième conférence en autant de semaines, ils ont reçu dans le théâtre du collège international Henri Dudzinski. A travers l'exemple du quotidien nordiste, le journaliste a présenté le défi proposé à la presse quotidienne régionale, pour les années à venir.

Sampiero Sanguinetti, le Corse fougueux, et Christian Chesnot, le rescapé d'Irak, étaient venus faire partager leur vécu, leur expérience. Avec Henri Dudzinski, changement de décor. L'homme, malgré un curriculum vitae aussi bien rempli que ses prédécesseurs, est venu apporter un message. Oui, la presse écrite doit se restructurer. Non, elle n'est pas en fin de vie. La presse quotidienne régionale, Henri Dudzinski la connaît bien. A cinquante-deux ans, il est directeur des éditions de La Voix du Nord, deuxième quotidien français derrière Ouest France.

Réactivité, créativité, innovation

Années 80. L'informatique envahit le monde du journalisme. A La Voix du Nord, on anticipe ce qui s'annonce être une véritable révolution. Les ordinateurs remplacent progressivement les machines à écrire : « On a été les premiers à miser sur eux. On dématérialisait tout : textes, mise en page, photographies, etc. » Les autres entreprises de presse viennent prendre exemple : « On a même reçu la visite des Américains », poursuit Henri Dudzinski.

Grandir, toujours. En 2005, l'entreprise est rachetée par le groupe belge francophone Rossel. Une opportunité qu'il fallait saisir « à tout prix » pour Henri Dudzinski : « On a crée une grande alliance avec la famille Rossel. Eux avaient l'argent, nous le savoir-faire ». Aujourd'hui, la réactivité reste le mot d'ordre. Le 4 mai 2006, La Voix du Nord passe en format tabloïd. Pour l'occasion, une grande fête musicale, avec le disc jokey français David Guetta comme invité d'honneur, est organisée sur la Grand Place de Lille. Les jeunes sont séduits. Plus, pour concurencer la presse gratuite emmenée par Metro et 20 minutes, elle crée LillePlus. Toujours avide de développement, elle a récemment signé un chèque de trente-six millions d'euros pour l'achat de quatre nouvelles rotatives. Livraison prévue fin 2008. La Voix du Nord n'oublie aucun média. Sur internet également, elle veut être la première : « Avec notre site lavoixdunord.fr, on veut être le "Google du Nord"! ».

Un grand projet de convergence

Presse quotidienne régionale, presse hebdomadaire, presse gratuite, audiovisuel, multimédia, affichage, etc. Le groupe a investi tous les médias. Persuadé qu'il existe un avenir pour la profession de journaliste, il a lancé un grand projet de convergence. « Le but est de créer un "supra-desk", où tous les médias seraient regroupés au même endroit », précise Henri Dudzinski. A chaque média son étage. En 2009, l'entreprise quittera les bâtiments historiques de La Voix du Nord, situés en plein centre-ville de Lille, place du Général de Gaulle, pour s'installer à la périphérie, à proximité des grands axes routiers. Le projet est ambitieux. Pour Henri Dudzinki, l'avenir des entreprises de presse passe par une remise en questions permanente : « Nous opérons, à La Voix du Nord, à de grands changements structurels. On n'a pas le choix, on doit se tourner vers la convergence. La convergence de tous ces moyens, du recueil de l'information, c'est fondamental pour nous. »

Un discours rassurant

A la fin des deux heures d'exposé (le rétroprojecteur était même de sortie, pour la première fois en conférence), le moral des étudiants grimpe en flèches. Les entreprises de presse écrite ne font pas que licencier. Henri Dudzinski annonce même la création de CDD, avec le projet de La Voix du Nord. De quoi donner des idées aux apprenti-journalistes : « Pouvez-vous rappeler l'adresse pour le dépôt de candidature ? » 

La Voix du Nord en chiffres

2 départements
29 bureaux
24 éditions rédactionnelles
1100 salariés
275 journalistes
1000 correspondants
Lectorat : 38 % de la population régionale
Actionnariat : Rossel (67%), AJR participation SA (20%), actionnaires d'origine (13%)
Chiffre d'affaires : 149 044 000 d'euros en 2006 (ventes : 53 %, publicité : 43 %, autres : 4 %)

Posté par baptistebarbe à 21:28 - Médias - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 janvier 2007

ViaStella va voir le jour

corsica_sat_hr_20_nasa__seSampiero Sanguinetti, ancien rédacteur en chef de France 3 Corse, est venu, jeudi 25 janvier, présenté à l'IUT de journalisme de Cannes un projet qui lui tient à coeur. Après plusieurs rebondissements, ViaStella (« La voie des étoiles »), chaîne consacrée à la Corse, sera bientôt disponible sur le bouquet satellite.

« Le projet continue à avoir ses ennemis, mais avance. Je vois pas comment il va être arrêté. » Les lunettes sur le bout du nez, une moustache grisonnante parfaitement taillée, Sampiero Sanguinetti est sûr de son coup. Pour le responsable du projet ViaStella, télévision territoriale dépendant de France 3 Corse, rien ne peut l'empêcher d'aboutir.

Attirer les Corses de la métropole

L'idée d'une chaîne dévouée à la Corse remonte à l'an 2000. Lionel Jospin, alors premier ministre, demande au service public de créer huit chaînes de télévision régionales. Mais le projet tombe à l'eau. Celui pour la Corse évite la noyade. Sanguinetti, pourtant jugé indésirable sur l'île, est contacté. Chef d'édition d'une télévision à Palerme (Sicile), le journaliste accepte de prendre le pari du numérique, pour deux raisons. D'abord, le relief montagneux de la Corse est peu propice à la distribution hertzienne. Une grande partie de la population possède une parabole. Par ailleurs, près d'un million de Français d'origine corse, soit quatre fois plus que la population de la Corse, ne vit pas sur l'île. « Il y a plus de Corses à Marseille qu'en Corse ! Par satellite, on peut les intéresser sur ce qui se passe sur leur île », indique Sanguinetti. Le journaliste espère même attirer un troisième type de public : les quelque deux millions de personnes (touristes, plongeurs, etc.) qui profite de l'île de beauté.

Un parcours semé d'embûches

L'objectif pour ViaStella, ce sont dix-sept heures de programmes avec multidiffusion. Aux vues des obstacles accumulés (réticences politiques, divergences d'opinions et nouvelles nominations à France Télévisions), le Corse s'en satisferait pleinement. « En juin 2004, la direction m'a dit : " Dans six mois, on ouvre ". En octobre 2005, le projet est accepté par l'assemblée de Corse. Mais il fallait l'autorisation de l'Europe. » En 2006, les autres régions (Alsace, Bretagne) commencent à réclamer leur chaîne, arguant qu'elles sont aussi prêtes à payer. D'avril à octobre, le projet prend du retard.

Le 16 décembre dernier, trois heures de diffusion sont lancées sur le satellite AB3, dont l'accès reste confidentiel. Sanguinetti espère que ViaStella soit rapidement diffusée par le satellite Astra, et donc disponible pour les abonnés à CanalSat. Pour cela, il faudra l'aval des législateurs et de France Télévisions : « A l'heure actuelle, on est dans l'attente d'une loi qui passe au Sénat sur la télévision du futur ». Cette loi a pour objet de développer la diffusion audiovisuelle numérique en France. Elle est le dernier obstacle avant le décollage, certes retardé, de ViaStella.

Liaison dangereuse

Quand il parle du projet, qu'il devait seulement écrire au début, Sampiero Sanguinetti est ému. Menacé, inculpé à trente-sept reprises pour autant de non-lieux, mis au placard à Paris de « façon rocambolesque », exilé en Sicile, lui, le Corse, s'était « juré de ne jamais revenir à la station de France 3 Corse ». Mais la liaison dangereuse ne pouvait se terminer par une rupture. Déchiré entre « s'en prendre plein la gueule » et de ne rien faire, il a rapidement fait son choix : « La Corse a un énorme problème : la violence. Elle a un des plus forts taux de chômage. Il y a une absence de développement économique ». Déclencher ce développement grâce à l'audiovisuel, tel est le nouveau défi de Sampiero Sanguinetti. 

Posté par baptistebarbe à 13:35 - Médias - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 janvier 2007

Les DRM prennent un coup de vieux

cle_USB_baladeur_MP3_KXB_256Fnac et Virgin ont annoncé aujourd'hui qu'ils mettaient à disposition, sur internet, plus de cent mille titres de musique dépourvus de mesures techniques de protection (Digital Rights Management en anglais).

C'est une petite révolution. Désormais, il sera possible de télécharger des musiques à bas pris, de les lire sur n'importe quel balladeur numérique, et même de les copier. Finis les problèmes d'incompatibilité. Car avant, écouter une chanson sur son lecteur mp3 ne garantissait pas de pouvoir le faire sur le lecteur d'une autre marque, sur son ordinateur ou celui de son voisin, etc. Tout cela étant dû aux "plates-formes de téléchargement [lieux où l'on télécharge légalement de la musique]" qui "sont équipées de verrous numériques qui protègent les droits d'auteur mais restreignent leur utilisation", explique Le Monde.

10 % du catalogue

Virgin, le groupe américain, s'est mis d'accord avec des labels indépendants. Ainsi, il a prévu de mettre à disposition rapidement près de 200 000 titres de musiques, entièrement dévérouillés, soit un dizième de l'ensemble de son catalogue. Attention ! Il ne s'agit pas encore des plus connus, des plus téléchargés. On retrouve par exemple des artistes comme Anaïs, Nadasurf, Morcheeba ou encore Henri Salvador (eh oui !).
Dans la même politique, la Fnac propose environ 150 000 titres sans DRM, à partir de 0,99 centimes.

Les grands labels, qui possèdent les plus gros contrats dans le monde de la musique, se montrent pour le moment plus réticents. Or, le téléchargement illégal est encore d'avoir été éradiqué. Virgin et Fnac font un premier pas, à trajet leur nouvelle initiative, dans la lutte contre le piratage numérique.

Posté par baptistebarbe à 15:37 - Médias - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 janvier 2007

Les hebdos à la sauce Sarko

large_303392C'est comme s'ils s'étaient transmis le message... Cette semaine, tous les hebdomadaires d'informations générales nationaux, de droite comme de gauche, publient un dossier sur l'actuel ministre de l'Intérieur. Où est passée la diversité ?

" Ce qu'on ne vous a jamais dit "

Le Point et l'Express (journaux de droite), "s'intéressent" sur ce que les lecteurs ne connaissent pas encore de Nicolas Sarkozy (Si, si ! apparemment c'est encore possible !). Libération, dans un court filet, écrit : "les deux hebdos nous présentent un "autre" Sarko : en version jeune-cheveux longs dans Le Point (...) et détendu-barbe de trois jours, sous le regard tendre de Cécilia, dans L'Express". Le Point titre "L'enfance d'un sous-chef", L'Express promet de dévoiler "ce qu'on ne vous a jamais dit sur Sarkozy."
Quant au Journal du Dimanche, il publiait cette semaine son "plan de bataille", avec à l'appui en première page, une photo du candidat de l'UMP, l'air pensif.

Beaucoup plus critique à gauche

Chez les journaux de ligne éditoriale de gauche, on a pas le même regards sur les actions de ministre de l'Intérieur. Malgré son air menaçant affiché sur la Une du Nouvel observateur, Sarkozy n'a qu'à bien de se tenir : "les autos flambent", "quartiers oubliés", "envolées des agressions", "le casse-têtes des drogues",... les articles se suivent, mettant le politique dans une position inconfortable.
Marianne, hebdomadaires des radicauix de gauche, titre "Petit Cesar", avec une photo de Sako prise en contre-plongée (Ouh ! qu'il est grand !), les deux bras en l'air.

Sur tous les médias

Sans_titreOn connaît bien le fanatisme dont fait preuve le candidat à la présidentielle pour les médias. Même si le ton est différent, est-ce garantir la diffrence et la diversité politique que de publier, en "Une", la photo de Sarkozy et tout le tralala qui s'en suit, dans les pages intérieures ? Peut-être allons avoir la réponse du PS et de Ségolène Royal dans les éditons des prochaines semaines...
Enfin, pour finir, dimanche soir, il sera l'invité du 20 heures de TF1...

Posté par baptistebarbe à 11:20 - Médias - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 janvier 2007

Une télévision bipolaire

13heures_sL'histoire se répète. Comme en 2002, le temps de parole des candidats à l'élection préseidentielle de 2007 à la télévision est inégalement réparti. Une tendance qui se confirme à travers les journaux télévisés.

L'UMP et le PS favorisés

Dans son communiqué publié le 4 janvier, le Conseil supérieur de l'audivisuel (CSA) n'a pas dévoilé de noms, ni de chaînes, ni de candidats. Pas grave : on en a une petite idée. Les favoris des sondages, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, bénéfécient d'un temps de présence à l'antenne, par l'intermédiaire de leur parti respectif et ou tout simplement par leur propre image. Pour le seul mois de décembre 2006, le CSA montre que le temps d'antenne accordé à Royal et Sarkozy (avec leurs partis et leurs soutiens) est de cinq heures, quand il n'est que d'environ une heure et quart pour françois Bayrou (UDF) et de quarante minutes pour Jean-Marie Le Pen (FN) et Maries-Georges Buffet (PC).

Les JT, adeptes du bipartisme 

Acrimed (Action critique médias), en partenariat avec l'émission de France 5 "Arrêt sur images", soulève une irrégularité. Dans les journaux télévisés de TF1, France 2 et France 3, "le Parti Socialiste et l’UMP ont respectivement bénéficié d’une couverture médiatique de 2h22 et de 1h27. Soit plus de 76% du temps d’antenne consacré aux seuls deux partis ; sans compter, s’agissant de Nicolas Sarkozy, " les 2 h 57 qu’Arlette Chabot lui a accordées dans son émission d’information "A vous de juger"".

Le CSA discret

20050623_csaCertes, le CSA à l'auteur des communiqués dénonçant la bipolarisation actuelle de la politique en France. Pour l'instant, cela ne va pas beaucoup plus loin. Pour rappel, les membres du Conseil supérieur de l'audiovisuel sont nommés par décret par le Président de la République : trois sont désignés par ce dernier et six par le Parlement (trois par le président du Sénat et trois par celui de l'Assemblée nationale)... Depuis des dizaines d'années, tous ces postes politiques sont occupés par des membres des princiiapux partis de droite et de gauche.
Le CSA, depuis quelques temps, sanctionne très rarement les chaînes hertziennes, préférant privilègier la "concertation" et la "médiation"...

Posté par baptistebarbe à 12:15 - Médias - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 janvier 2007

Les nouveaux envahisseurs

belso01Le 1er janvier 2007, la grande distribution a débarqué dans nos petits écrans de télévision. Les annonces publicitaires d'Auchan, de Système U, Leclerc, Casino, Intermarché, pour ne citer que les principales, se succèdent en continu depuis quatre jours sur les chaînes hertziennes.

Trente-neuve ans. Depuis la date de la première réclame à la télévision française en 1968, les enseignes de distribution n'étaient pas autorisées à y apparaître. Une période désormais révolue. Et les grands groupes n'ont pas lésiné sur les moyens. Rien que pour le premier jour de l'année 2007, ils ont représenté "un quart des recettes publicitaires des chaînes hertziennes, soit 2,5 millions d'euros" précise Le Monde. La marque Carrefour reste pour l'instant le principal absent.

Des chaînes ravies

L'arrivée des hypermarchés dans le monde de l'audiovisuel a été évidemment accueillie à bras ouverts par les chaînes de télévision. TF1 devrait sortir comme le grand gagnant. Pour l'année 2007, elle serait "la principale bénéficiaire de cette manne évaluée entre 200 et 220 millions d'euros [pour l'ensemble des chaînes]. Selon NPA Conseil, la chaîne du groupe Bouygues pourrait s'octroyer 50 % du gâteau, M6 entre 30 et 35 %, et France Télévisions le reste", prévoit Libération.
Chez les télespectateurs, les pubs de Système U et d'Auchan, les plus redondantes en ce moment, ne sont pas passées inaperçues. Sur des tranches téléviséés de deux heures (où s'intercallent environ vingt minutes de pub), les mêmes marques apparaissent deux, trois voire quatre fois. Un vrai bourrage de crâne...

Le reste des médias en berne 

Les supports "historiques" des annonces publicitaires des grandes enseignes patissent de la nouvelle concurence audiovisuelle. Selon Libération, l'affichage perdrait 37 millions d'euros, la radio, 33. Sil l'on ne se fait pas de souci pour la santé de cette dernière, le constat n'est pas le même pour la presse écrite. Elle serait la première perdante : 50 millions d'euros si l'on associe la presse quotidienne et magazine (parlons ici de la véritable presse d'information, ne comprenant pas des journaux comme France Soir, Public ou autres Closer). Bref, rien de rassurant, une nouvelle fois...

Posté par baptistebarbe à 13:56 - Médias - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 janvier 2007

TF1, encore et toujours

20061206

C'est un véritable cavalier seul. Dans un communiqué, Médiamétrie a annoncé le classement des cent meilleures audiences télévisuelles de l'année 2006. TF1 réalise un véritable raz-de-marée : 98 des 100 meilleures audiences ont été diffusés sur la chaîne cryptée. Inquiétant ?

La Coupe du Monde de football en leader

Cette année, le top 10 est clair et limpide : neuf rencontres du dernier Mondial joué cet été en Allemagne occupent les neuf premières places du classement. En tête, ne vous y trompez pas, il s'agit de la demi-finale remportée par la France 1 à 0 face aux Portugais (22,2 millions de téléspectateurs). La finale France-Italie arrive à la seconde place (22,1). Au total, ce sont vingt rencontres de football qui apparaissent parmi les cents meilleures audiences.
Le reste du gateau est partagé entre la fiction française (47 places), les séries américaines (14.... ah Les experts...) et le cinéma (12).

Les Choristes et Louis la Brocante, seuls rescapés

Si la présence dans de le top 100 du film de Christophe Barratier, qui avait réalisé 8,5 millions d'entrée au cinéma, n'est pas une surprise, celle d'un épisode de Louis la Brocante est plus surprenant. La série "phare" de France 3 (épisode diffusé le 10 janvier 2006) parvient à se hisser à la 72ème place. Bien qu'ils n'apparaissent pas dans le classement, on peut relever les bonnes performances des programmes à plusieurs épisodes de France 2 (Les secrets du Volcans, Petits meurtres entre amis, David Nolande) et des séries américaines de M6 (Prisonbreak et Desperate Housewives).

Cela fait un petit moment que TF1 domine ce genre de classement. Mais est-ce vraiment significatif des tendances audiovisuelles actuelles ? Malgré une vive concurence, France 5 parvient par exemple à conserver des audiences stables. Ce qui est sûr, c'est que TF1 ne va pas manquer de se pavoiser en publiant, sur une page et dans tous les journaux, des résultats aussi positifs.

Quelques flops...

Mais l'année de la chaîne privée n'a tout de même pas été sans perturbations !!! Pour se faire plaisir, voici un petit florilège des flops de l'année : en tête à égalité, les deux émissions de télé-réalité Le Royaume et Je suis une célébrité, sortez-moi de là, avec quand même une préférence pour le premier, qui n'est pas allé jusqu'à son terme. Certains parlent "d'accident industriel" !!!
Enfin, offrons une mention toute particulière pour le retour du jeu "La roue de la fortune". Certes, il est difficile de blaguer pour un jeu télévisé qui a réuni en moyenne quotidiennement six millinos de téléspectateurs. Mais quand même... Voir cette mannequin suèdoise, un peu cruche et balbutiant 2-3 mots de français, faire des aller-retour pour retourner des cases de lettres (sans les toucher !!!) et sourire bêtement à Dechavanne, on frôle vraiment la bassesse de la télévision.

Posté par baptistebarbe à 22:54 - Médias - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 décembre 2006

81 journalistes tués en 2006

rsfChaque année, l'association Reporters sans frontières établit un "baromètre de la liberté de la presse". En 2006, il est à la hausse : 81 journalistes ont péri, "tués dans l'exercice de leur métier ou pour avoir exprimé leurs opinions". Depuis 1994, où 103 journalistes avaient trouvé la mort (dont pratiquement la moitié durant la guerre du Rwanda), il n'avait jamais été aussi élevé.

Irak, pays le plus dangereux

Depuis l'année 2003, l'Irak possède un triste record : il est le pays où l'on recence le plus de journalistes tués. 39 au total auxquels il faut ajouter les décès de 25 collaborateurs. RSF précise que pour 90 % des cas, il s'agit de journalistes de nationalité irakienne. Durant la guerre du Vietnam (1955 à 1975), 63 journalistes avaient été tués. Le nombre est déjà de 139 pour la guerre en irak, déclenchée il y bientôt quatre ans.
Sur le "podium", on retrouve à la deuxième place le Mexique (9 victimes) et les Phillipines (6). Juste derrière arrive la Russie (3), seul pays européen figurant sur le baromètre. En octobre dernier, la journaliste russe Anna Politkovskaïa, spécialisté de la Tchétchénie, avait été assassinée dans son immeuble. Elle avait, entre autres, dénoncé à plusieurs reprises les violations des droits de l'Homme effectuées par les Russes dans cette république du Caucase. En tout cas, cet assassinat "est venu rappeler que même les journalistes les plus connus et les plus soutenus par la communauté internationale ne sont pas à l’abri de telles violences meurtrières", rappelle RSF. L'enquête, si véritable enquête il y a, est toujours en cours...

Cinq fois plus de collaborateurs tués

Dans son communiqué, Reporters sans frontières déplore également la mort de 32 collaborateurs des médias "("fixeurs", chauffeurs, traducteurs, techniciens, agents de sécurité, etc.")", contre 5 en 2005. Et c'est à nouveau l'Irak qui détient la "palme" de plus grand nombre de tués.
Les enlèvements professionnels de la presse ont été recencés dans une dizaine de pays. 56 journalistes ont été kidnappés, les endroits les plus riqués restant l'Irak (eh oui, encore et toujours) mais aussi la bande de Gaza. En Irak, les enlèvements ont entraîné la mort de 6 professionnels des médias.

Internet à son tour touché

Partout dans le monde, la censure règne. Internet, qui semblait apparaître comme la bouée de sauvetage, est à son tour menacé. De plus en plus de blogueurs sont emprisonnés. RSF a publié une liste de "treize ennemis d’Internet" : Arabie Saoudite, Syrie, Iran, Ouzbékistan, Turkménistan, Egypte, Tunisie, Chine , Corée du Nord, Viêt-nam, Birmanie, Cuba et Biélorussie.
La liberté de la presse est encore un peu plus menacée. Reporters sans frontières se bat pour la défendre depuis plus de vingt ans.

Posté par baptistebarbe à 16:57 - Médias - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »